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NOUVEAU LIVRE !

ULTRA RUNNING MAN

 

LES ETATS D'AME D'UN COUREUR POETE

 

LA RAGE DE COURIR

Bienvenue sur le site officiel de Christian Fatton!

Vous êtes sur le site d’un coureur passionné de course à pied d’ultra qui se plaît d’essayer de repousser ses limites.

L’amitié trouvée en course et de nouveaux défis sportifs sont mes moteurs. J’ai la chance de pouvoir compter sur de nombreux amis, mes enfants, ma famille ou ma femme pour me ravitailler lors de ces grosses compétitions. Merci sincèrement, je leur dois la plupart de mes meilleurs résultats lorsqu’une assistance est autorisée.

Je vous laisse aussi découvrir mes poèmes dont les idées me sont venues souvent en courant. Au travers des menus, vous apprendrez ainsi à me connaître un peu mieux et vous invite à me contacter.

Dans la mesure de mes moyens, j’essaierai de répondre à vos attentes.La course à pied, malgré mon esprit compétitif, est pour moi un espace de rencontre et de partage amical. C’est pour moi souvent un lieu festif plein de joies diverses.

Je vous souhaite de bons moments sur mon site, mais n’oubliez pas l’heure de votre entraînement!

Dernières News :


UltraTrailAtlasToubkal, ou UTAT, 105 km 8000 m de dénivelé, Maroc

Avec un départ à 6h de Genève, un lever à 3h30, j'étais encore bien endormi dans l'avion où j'ai dormi, ne pouvant pas émerger sitôt que je fus assis. Il faut dire que j'étais déjà un peu diminué par un fort refroidissement, gorge et oreilles douloureuses depuis dimanche soir passé. Le transfert en bus à Oukaïmeden m'a encore vu dormir sur la première moitié du trajet qui dure environ 2 heures. Arrivé à 2600 m d'altitude en car, ma tête n'a pas suivi. Je me suis senti mal d'entrée avec de fortes céphalées, spécialement la nuit et le matin. Quelques médics pour y remédier aidaient mais ne faisaient pas tout disparaître. 2 siestes de 3h, avant et après le souper pour simuler une nuit qui va nous manquer partiellement. Avec un départ à minuit, entre vendredi et samedi, il fallait prendre ses devants pour être reposé au maximum. Au moment du départ donné avec 7 minutes de retard, ma montre s'est remise en mode normal, à la seconde même où j'allais enclencher le chrono. Donc, le temps de réinitialiser la boussole, de choisir le paramètre du gps, tout le monde était déjà 150 m plus loin. Courir me fut pénible au début, il me semblait que je n'avais pas de souffle et je n'avais pas vraiment digéré ce que j'avais mangé depuis mon arrivée. Mon ventre était trop plein, il n'éliminait rien. Bref, je remonte gentiment jusqu'au peloton et grâce à la première ascension, je me retrouve assez vite quand même au milieu des 105 coureurs partis. Le 2ème col, déjà à 3200 m me procure à nouveau des maux de tête, des pouces à moitié gelés, il grésille, le vent est très violent au point de nous rendre la progression chancelante parfois. La descente heureusement me fait retrouver toutes mes sensations dans les mains gantées. J'arrive à me tromper, suivant un coureur sur un chemin 4x4 en descendant 500 m trop loin. Au premier ravito, je fais assez vite en mangeant des bananes et en faisant le plein d'eau. Je tape sinon dans mes barres énergétiques, toujours un peu méfiant de ces choses ouvertes que beaucoup de monde touche. Ma cheville gauche est un peu douloureuse sur le chemin, ou piste qui nous mène par des petites montagnes russes jusqu'au 34ème km et le second ravitaillement. Mon pied s'est enflammé dans la descente du col et reste aussi douloureux. C'est assez conventionnel depuis 2 ans, mais quand même pas facile. La nuit se fait plus claire à mesure que je descend jusqu'à un gros torrent en fond de vallée. Je m'arrête rapidement pour ranger mes lampes frontales et me déshabiller un peu. Je remonte ensuite une bonne dizaine de coureurs grâce aux ascensions qui se succèdent jusqu'au 43ème km, environ. Là, une vallée verte s'offre à nos yeux et un peu de terrain plus plat. Mais pas plus facile pour autant quand on doit s'aggriper à des rochers si on ne veut pas mettre nos pieds dans le torrent qui s'étale en fond de vallée, ne laissant parfois pas de place pour cheminer facilement. Plusieurs passages de torrents et une lègère remontée nous font arriver au ravitaillement du 48ème km. Comme il pleut, je m'agenouille dans la tente du ravitaillement, basse, pour manger 2 soupes aux nouilles, du fromage, 2 petites bananes et j'emmmène des abricots secs avec moi que je mange directement en repartant. Assez vite, environ 40 minutes après, je sens mon estomac qui se prend pour une machine à laver le linge, ça tourne, ça fait du bruit, je me sens mal et finalement, c'est comme si j'avais reçu un lavement... je ne suis pas encore au col de 3200 m à nouveau que je dois déjà baisser les pantalons. Et ça va finalement continuer, quoi que je mange ou quoi que je boive. Sur les 22 km qui nous mène au prochain ravitaillement, il y a encore un col à plus de 3300 m et déjà vidé plusieurs fois par un estomac qui ne supporte plus rien, je commence à me traîner misérablement, sans force. 2 imodiums n'ont pas fait d'effet. Je m'assois parfois une trentaine de secondes pour reprendre mon souffle, mais la météo, toujours changeante, parfois on a trop chaud, parfois on a froid en raison du vent et de la pluie, grésil, je ne peux pas m'attarder, mais j'aurais envie surtout de dormir.....J'arrive vers 18h en compagnie d'un Parisien qui m'a accompagné sur les 4-5 derniers km, au ravitaillement, campement du 70ème km environ. Je crois que j'ai déjà été annoncé étant malade, je demande à pouvoir dormir et manger, enfin essayer car malgré 2 autres imodiums supplémentaires, rien n'a changé au niveau estomac. Durant la nuit, je vais essayer de boire un bouillon avec des pdt cuites, boire aussi un peu de coca pour reprendre des forces, mais le bal du cul à l'air va durer jusqu'au soir. Du samedi midi au dimanche soir, je suis allé une vingtaine de fois au wc. Le matin du dimanche, je monte le col qui nous permet de sortir de cette vallée sur une mule. La course avait un cut off à 24h, soit minuit à cet endroit, mais elle a été bloquée et arrêtée vers 20h, en raison de pluies très violentes et des chutes de neige plus haut. Nous devions passé à 3760 m d'altitude. Les premiers mètres sur la mule n'ont pas été aisés, je me voyais déjà être projeté en bas la pente. Puis je me suis gentiment habitué et détendu, à presque m'endormir sur la deuxième partie de la montée qui nous fait passer à 3530 m. Je redescends le col à pied, et le groupe de coureurs me rattrape juste avant la fin de la descente. Une infirmière-coureuse me redonne un smecta, ce que j'ai déjà eu 2 fois au campement. J'aurai encore droit à 2 autres sachets jusqu'au soir. Et enfin, le souper tient assez bien au ventre... avant de tout relâcher le matin. Un peu de jeûne question solide mais une grosse grosse soif me tenaille et je ne vais quasiment rien éliminer durant 2 jours. Comme si mon corps était une éponge sèche qui se regonfle. Le voyage n'a donc pas été facile, mais l'ambiance avec une chambre de Suisse et un Savoyard était très bonne, du reste avec les autres aussi. Mais j'ai eu de la peine quand même durant un jour et demi de vraiment apprécié les paysages ou d'autres choses, n'étant pas au mieux et devant souvent encore le soir me rendre au wc. Mes piolets n'ont pas été accepté à l'aéroport de Marrakech dans mon bagage à main, ils sont restés au Maroc. Comme quoi, quand ça merdouille, ça s'étale....à d'autres choses. Donc, pas de classement pour moi et un deuxième abandon en 38 jours. Actuellement, une semaine après, j'essaie de récupérer de la grippe. Peut-être que cela couvait déjà avec le début du virus qui m'avait attaqué aux oreilles et à la gorge. La tête est toujours sujette à des céphalées et le corps varie entre des trop chaud ou des périodes où il crève de froid. A la prochaine, en mieux, assurément!

News postée le : 13.10.2018

Trail des Sangliers, en voisin à Pontarlier30.09.2018

Le dernier jour de septembre, en voisin proche, nous sommes allés courir les 40 km et 1370 m de dénivelé du Trail des Sangliers à Pontarlier. Le parcours nous menait assez rapidement au Grand-Taureau, point culminant de la course. Après une montée sèche (sous entendu raide) dans la forêt, ce fut pour moi le début d'un pied qui brûle à cause de la pression sous les métatarses, ça ne va pas s'arranger en descente jusqu'au fort de la Cluse-et-Mijjoux. Heureusement, les dernières crêtes et montées étaient assez faciles même si le parcours casse-pattes demande de l'énergie jusqu'au bout pour les relances. Je me sentais assez bien après les 10 km initiaux, car il me fallait digérer un anniversaire et la fête qui nous a vu nous coucher peu avant 1h. La nuit fut donc courte, mais j'étais content de ma prestation, 4ème V2, 38ème du scratch en 4h13, remontant au classement jusqu'au bout et résistant sur les 3 derniers km, à une vague de coureurs se rapprochant. Julia termine 2ème au scratch, 1ère de sa catégorie en 4h19 à seulement une trentaine de seconde de la première, un peu plus de  5 minutes après moi. De bon augure avant l'UTAT, pensais-je....

News postée le : 13.10.2018

12 h de Brugg, Championnat suisse le 17 septembre 2018

Avec très peu d’entraînement de route, j’ai fini 4ème des championnats suisse des 12 h à Brugg, 2ème de ma catégorie avec 107.783 km puisque le vainqueur du scratch est master2. J’en espérais bien plus mais malgré un départ prudent, j’allais commencer d’avoir de gros problèmes avec de fortes douleurs après 3 h de temps déjà à la cheville gauche. Je l’avais tordue à environ 3 km de l’arrivée du 90 km du Swisspeaks et encore mercredi en allant à une bonne vitesse sur un beau chemin blanc mais en légère descente. Là j’avais dû m’arrêter car la douleur était trop forte. Vendredi sur 10km j’ai pensé que ça irait et cette nuit j’ai vraiment galéré. J’avais aussi une inflammation sur le même pied. Entre 4 ou 5 fois j’ai ouvert ma chaussure et je la perdais presque mais ça n’allait pas vraiment mieux. A 4 h de la fin j’ai changé de chaussures. J’ai pris mes vieilles qui ont bien plus de 1000km et bien râpées et dont la semelle intérieure est un peu plus enveloppante et dont la mousse est plus molle. Ça a porté ses fruits puisque les douleurs se sont estompées et progressivement je me suis mit à calculer. Au rythme qui était le mien j’aurais eu de la peine à casser 100 km à 3h de la fin, (7,5 km/h et il m’en restait 22.5 pour aller à 100)
Donc je me suis mis à accéléré progressivement pour finalement faire presque du 10 km/h et rattraper plusieurs coureurs. J’étais un des meilleurs scoreurs pour les 2 dernières heures. Un grand grand merci à Robi Schupbach qui m’a ravitaillé dès mon accélération progressive, qui m’a super bien renseigné et super coaché pour me faire revenir à la 4ème place. C’est vraiment grâce à lui que j’y suis parvenu. Chaque tour il me renseignait sur mon temps au tour et ma position qui se rapprochait des classés devant moi. Plus devant il y avait un trou de 7 km qui n’était pas possible de boucher.
Sur la photo il manque un tournesol pour mon prix de 2ème mais vous pouvez admirer le biscuit knoppers et le papier qui était collé dessus. J’ai offert le tournesol à une amie que je connais depuis les juniors en course de côte, Jacqueline Keller, qui avec son club faisait le relais. Je croyais que c’était un bon (partie d’inscription gratuite ou autre?) C’était une carte genre carte de visite pour qu’on se souvienne bien où on l’a gagné. Pour sûr que je vais m’en souvenir, j’avais encore jamais vu ça !
Dommage que les pelotons des courses sur route ou course horaire surtout s'amenuisent. Cela devient ennuyeux en Suisse de tourner en si petit comité. De plus, le site sans musique ne respirait pas la folle ambiance. J'imagine que de nuit, il ne faut pas réveiller les crapauds et grenouilles de l'Aar!

News postée le : 01.10.2018

Swiss Peaks 360 et Swiss Peaks 90 km 5400 m de dénivelé

Voilà quelques nouvelles... après avoir pris un bon départ et bien tenu le coup durant 56 km, soit jusqu'à la première base de vie à Binn, j'ai commencé à ressentir des nausées sur les derniers kilomètres du Saflischpass. Si je mangeais ou buvais, j'avais envie de vomir. La nuit était tombée pour moi dans la Rappetal, au pied de l'Eggerhorn, avant de basculer sur Binn. Ayant oublié de remplir mes gourdes à Binn, je voulais faire vite... j'ai réalisé au hameau suivant, avant d'attaquer la montée que mes gourdes étaient vides. Je les ai remplies à une fontaine. Est-ce la raison de mes problèmes de ventre? Difficile à savoir. Toujours est-il qu'à Fleschboden, j'ai vidé le reste dehors avant de repartir avec du coca et de l'iso. Mangé un peu de fromage mais ça ne passait pas trop bien non-plus. J'ai commencé à me sentir faible, puis les pulsations ont commencé à grimper, grimper, grimper et plus elles montaient, moins j'avançais, spécialement à la montée. Avant le Simplon, il y a dû avoir du débalisage partiel, car je n'ai plus vu de fanions sur un bon kilomètre et je savais pour avoir reconnu que je devais voir un embranchement pour aller sur ma droite. Finalement, je coupe à travers les myrtilliers et les rhododendrons  et retrouve le parcours plus bas. J'ai dû monter 100 m trop haut selon mon altimètre. D'autres coureurs qui vont me rattraper ont connu la même mésaventure.  Au Simplon, je passe à côté du ravitaillement sans le remarquer, des marques au sol étaient pourtant bien grandes, mais je regardais droit devant moi pour essayer de repérer 2 amis qui venaient de me dépasser 500 m avant. Arrivé à l'hospice du Simplon, j'ai téléphoné au PC course et on m'a dit que c'était au Simplon-Pass, soit 500 m avant. J'étais un peu énervé arrivé au ravito, mais je dois reconnaître que je suis fautif à 100%, au vu de tous les autres qui semble-t-il, ont vu le ravito sans le louper. La loi du plus grand nombre...Toujours est-il que je n'ai pas fait exprès, peut-être étais-je déjà pas trop lucide? Dès ce moment, j'ai toujours eu plus de peine à respirer sans être essoufflé, même en allant au ralenti... et dans les descentes, mes muscles des jambes étaient durs comme si je n'avais pas entraîné le dénivelé négatif. Alors que dans tous les trails de cette année, j'avais jamais connu de telles courbatures. Même en montée, un muscle me faisait mal. Cela allait de mal en pis et à Giw, j'arrivais à peine à manger. La descente sur Eisten est très pentue et mes muscles me faisaient alors atrocement mal. Quelque chose clochait. J'en ai profité à cette 2ème base de vie de manger des pâtes, tranquillement, dans l'espoir de me retaper. Mais j'arrivais ensuite à peine à monter, spécialement au début dans une partie herbeuse, puis la 2ème moitié avant Hanigalp fut un vrai calvaire. J'ai même dû passer des "marches" dans la pente, sur les genoux. Je n'arrivais plus à tirer mon corps. Le souffle était comme coupé, les pulsations étaient trop hautes, même avec mon rythme d'escargot sur terrain sec. La descente sur Grächen me fit mal à chaque pas, j'arrivais plus à courir, les jambes dures comme deux bâtons de bois. J'ai alors arrêté là.
A relever sur la 360, la victoire magnifique de Patrick Bohard, à 54 ans... cela laisse de l'espoir aux plus jeunes de pouvoir progresser! Magnifique course de mes amis Kurt Nadler, Pascal Pittet, Roman, Pierre-André, Charles (x2) et tant d'autres qui m'ont fait envie. Bravo à tous les finishers!

Le lendemain de mon abandon, j'ai quand même regretté de ne pas avoir eu la présence d'esprit, la lucidité de me dire de dormir 2 ou 4 heures de temps à ce moment-là.
Peut-être qu'en dormant à Grächen après avoir bien mangé (la quiche était excellente)  ce serait reparti. Je n'en sais rien. J'ai ruminé mardi, mercredi, jeudi matin... et jeudi midi, en mangeant chez moi et en feuilletant le magazine-programme du Swiss Peaks, j'ai vu que le samedi à 8h, le départ des 90 km était programmé. Téléphone, discussion, je pouvais prendre le départ.

Samedi à 8h, je me suis donc trouvé au départ de la 90 km et 5600 m de dénivelé. Les 123 km et environ 8000 m de dénivelé effectué jusqu'à lundi 18h étaient encore en partie dans les jambes. Mais je me sentais assez bien et surtout dans la tête, j'avais une grosse envie de courir. Il me fallait mettre un sparadrap sur mon âme blessée, je déteste abandonner, même quand je suis à la dérive totale, je préfère essayer encore et si vraiment ça ne va pas, un abandon me coûte toujours moralement. Sur les 90 km, au début j'ai dû avaler un gel et une barre énergétique car j'avais faim sur les premiers 32 km, en plus des bouts de fromage et des tucs pris aux ravitaillements de Salanfe et de Susanfe. Cela va vraiment donner le tour en quittant Champéry et je me sens alors de mieux en mieux, même si mon départ était tout à fait honorable. Je cours avec quelques gars de ma catégorie, un moment vers l'alpage d'Emaney avec la future vainqueure dame Manon Bohard, magnifique 6ème du scratch, puis avec le Belge Pierre Doat (2ème master 2) et la future 2ème femme Kerstin Dusch et d'autres seniors comme Dominique Jean ou Julien Viennet avec qui j'ai bien discuté de temps en temps, dans les parties où le souffle le permet.
Grâce surtout aux montées raides, je remonte au classement, et même grâce à la dernière descente...
Je finis 12ème au scratch, 1er master 2 en 14h24.55 et complètement dans le brouillard. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé avec moi en début d'épreuve du 360 km, car je n'ai pas connu de problèmes de muscles saturés d'acide, je n'ai pas connu l'essoufflement dû aux pulsations qui s'envolent et je me suis senti bien et à l'attaque jusqu'au bout. Je prends une vingtaine de minutes sur le 2ème Master 2 sur les 20 derniers kilomètres. A Torgon, il ne devait être que quelques minutes derrière moi, je l'ai vu pour la dernière fois au Chalet de Conches, à une trentaine de km de l'arrivée. Il y a des fois où on ne se sent pas en forme mais sans symptômes particuliers, seulement lourd ou sans énergie. Mais là, l'acidité dans les muscles et les pulsations qui s'envolent ne s'expliquent pas vraiment. Car même si mon départ était peut-être un peu rapide pour une épreuve de 360 km, j'étais bien plus lent que sur une course de 105 km avec 7000 m comme par exemple lors du Gran Trail Courmayeur à mi-juillet. Et ni à l'arrivée ni le lendemain, j'avais les muscles saturés et n'ai pas connu des montées de pulsations à la moindre petite bosse.
Mon pied droit s'enflamme toujours au-dessous mais s'il me fait parfois mal, voir très mal comme dans la descente avant Eisten et dans la montée qui suit Eisten, il n'est pas responsable de pareilles contre-performances. Il est parfois un frein c'est certain, quand ça chauffe trop, (en montant le col de Susanfe, j'hésitais à le refroidir dans un torrent) mais il ne peut être lié ni aux pulsations à mon avis dérèglées ni aux muscles acidifiés.

Si je suis très content de ce résultat sur le 90 km, cela ne me fait pas oublier que j'étais parti pour le Swiss Peaks 360 km. Pour la traversée totale, mon défi de l'année 2018. Mon but que j'avais préparé en escaladant déjà près de 100'000 m de dénivelé, que j'avais fait des verticales pour préparer mon coeur à monter dans les tours etc... Je ne comprends pas pour l'instant pourquoi mon corps a déconné. C'est une question à laquelle j'aimerais pouvoir répondre afin que cela ne se reproduise pas, ou que je sache comment faire pour éviter ça si j'en ressens les symptômes. Thyroïde dérèglée? Morsure de tique du mois de juillet, antibiotiques qui ont suivi? Beaucoup de questions, pas de réponse. Je serai obligé de retenter cette traversée. De l'avoir fait durant les vacances en 9.5 jours m'avait aussi mis en confiance. Le résultat du 90 est juste là pour ne pas me laisser trop dans le doute. Comme un sauteur à ski qui se casse la figure à la réception, je suis remonté sur un (petit) tremplin pour me remettre en confiance. A bientôt et grand grand bravo à tous les finishers de la 360, de la 170 et du 90. Pour certains, c'est déjà un très gros défi quand c'est le premier.
J'ai eu beaucoup de plaisir sur ces sentiers valaisans, très techniques dans certains endroits, mais c'est véritablement un magnifique terrain de trail. L'ambiance était excellente et j'étais très content de papoter en course ou après la course avec des coureurs venus de plus loin que la Suisse ou avec des bénévoles aux petits soins.
J'ai reçu mon sac suiveur au Bouveret le lundi soir à 23h30 en provenance de Zinal, car j'avais mes clés d'auto dedans. Comme aucun train n'arrivait au Bouveret après 21h, j'ai pris le train jusqu'à Villeneuve avec Alain Straumann, aussi à l'abandon pour des genoux douloureux et quelqu'un est venu nous chercher pour nous ramener au Bouveret. Une heure après, mon sac m'était remis et je pouvais ouvrir l'auto et m'en aller dormir. A noter que j'ai dormi au Bouveret 12h de temps dans ma voiture équipée pour cela, avec un seul réveil vers 8h du matin, pour notamment ouvrir la fenêtre en grand. Le soleil tapait et je transpirais à grosse goutte! Mais je n'arrivais pas à me réveiller, j'avais surtout la sensation d'être dans un sauna.
Au niveau de l'organisation, Il y a peut-être eu un couac avec les gps-trackers sur les 360 km et d'autres choses ne sont peut-être pas au goût de tout le monde, (résultats pas très clairs sur les 170 et 360)  mais il faut souligner aussi la merveilleuse mentalité des organisateurs et leur disponibilité pour essayer de faire au mieux et de répondre à l'attente des coureurs. Le succès de cette manifestation rencontré à sa 2ème édition demande à ce qu'elle perdure.
Résultats du 90: http://www.swisspeaks.ch/live90.html
Résultats du 170: http://www.swisspeaks.ch/page44.html
Résultats du 360: à venir, je n'ai pas trouvé.... A bientôt

News postée le : 11.09.2018

Swiss Peaks 360 km et 26'000 m dénivelé dès le 2.9.18 à 13h

Avec quelques 350 autres passionnés d'ultras, je prends le départ du Swiss Peaks trail, qui traverse le Valais d'Oberwald au Bouveret. J'espère que la météo soit avec nous, et que les sentiers soient accueillants pour mes articulations... Ayant reconnu le parcours cet été, je ne devrais pas trop être surpris par le parcours si un carrefour manque de balisage, mais il s'agira d'être vigilant, surtout de nuit. Vous pouvez suivre en live vos coureurs préférés et les autres aussi...
Suc ce lien vous devriez avoir les infos nécessaires et le lien pour le live dès dimanche 13h.
http://www.swisspeaks.ch/sp_360.html

A bientôt pour un compte-rendu!

 

News postée le : 10.09.2018

Trail du Barlatay, 46 km, 2700 m de dénivelé

Samedi matin 17 août à l'Etivaz, lieu d'un fromage bien connu et excellent, j'ai pris le départ du petit trail de 46 km à 5h du matin, et non de celui du 87 km avec 5400 m le soir avant, pour raison de 5 ans d'anniversaire d'une jeune entreprise de production que mon fils Florian a créée avec 2 amis. Et je peux le remercier! Cela faisait 2 semaines que je me traînais à l'entraînement. Si un espèce de miracle à eu lieu à Méribel le dimanche, je me sentais super bien le dimanche, là, au Barlatay, j'ai vu que la saison des miracles était passée. Je me suis traîné tout le long, je n'ai jamais eu d'énergie. Donc, je l'ai pris comme entraînement et j'ai arrêté de trop forcer pour ne pas aggraver ma fatigue. Le lendemain, je suis encore allé sur le parcours du SwissPeaks, entre le Simplon et Eisten. Une course à oublier question résultat. On apprend toujours quelque chose, donc j'ai vu que de cumuler 2 courses d'un week-end, avec une verticale où les pulsations montent très haut, demande plus de temps de récupération que si l'on fait qu'un trail de moyenne distance où les pulsations sont moins à l'extrême. Si on est endurant, on récupère assez bien en une semaine, le coeur étant moins poussé aux extrêmes car il doit plus miser sur la durée. Enfin, c'est ce que je pense... Le fromage reçu comme prix souvenir était en effet excellent et le repas d'après-course assez sympa. Le paysage traversé m'était connu mais toujours agréable à voir, j'aime particulièrement la zone des lacs d'Arnex et Lioson, mes 2 endroits préférés sur cette course. http://barlatay.ch/resultats/

News postée le : 10.09.2018

KV de Méribel et Trail de Méribel-Mottaret 47 km pour 3750 m de dénivelé

Ce week-end, nous avons couru dimanche 12 août dans la Vanoise à Méribel-Mottaret un trail de 47 km pour 3750 m de dénivelé positif. Parcours très technique qui démarrait sur les hauts de Mottaret, au lever du jour à 6h à 1800 m d'altitude pour monter jusqu'à 2600 m. Dès le départ, nous ressentons un peu nos muscles qui ont fait le KV le samedi matin mais rapidement, grâce à la première montée assez longue, nous remontons au classement et ce jusqju'à l'arrivée.

Julia termine 4ème femme, 1ère de sa catégorie en 7h54.11 (33è du scratch sur 144 partants)
Je termine 1er de ma catégorie V2 en 7h52.56, 31ème du scratch.

C'est ce qui nous a été annoncé à l'arrivée, en demandant quel classement nous avions et si cela valait la peine d'attendre les résultats. Oui, on récompense le 1er de chaque catégorie... nous a-t-on répondu.

Finalement, à la proclamation des résultats, ils ont mis tous les masters (de 40 à 77 ans, dans la même catégorie, donc du coup je termine 5ème, mais le classement de l'organisateur n'est pas encore en ligne, peut-être que les catégories seront rétablies, il n'y a que la liste du chronométreur)

A noter, que le samedi nous avons déjà participé à un KV ou K1, (kilomètre vertical), soit 1000 m de dénivelé pour 2500 m de long. Nous étions assez satisfait le samedi de notre course qui fait appel surtout à des spécialistes de ces montées très raides. Pour nous, il vaut mieux un K2 ou plus long, mais ce n'est pas nouveau. J'aime, enfin nous aimons aussi ce type d'effort qui ne demande pas trop à calculer, rapidement dans le rouge, il faut serrer les dents et supporter de gravir ces pentes en état d'asphyxie musculaire avec les pulsations qui atteignent très vite les sommets, bien plus vite que le corps en tout cas. Dimanche, nous avons battu plusieurs coureurs qui étaient devant nous samedi. Mais peu ont couru les 2 épreuves.
Malgré que l'on sentait un peu nos jambes lourdes au départ, nous étions ensuite contents de notre performance, remontant au classement à mesure que ça montait. Pourtant, j'étais content de ma prestations dans les premières descentes où j'ai même rattrapé quelques coureurs, et au bilan, malgré d'être dépassé aussi, je gagnais des rangs.

Mais dans la longue descente de plus de 1400 m de dénivelé,  j'ai eu de violentes crampes à 4 reprises qui me clouent sur place une bonne minute à chaque fois. Je ne savais pas comment les faire passer, car elles revenaient à l'intérieur de la cuisse gauche. Très fortes, très douloureuses, avant qu'elles ne s'estompent et me permettent de me remettre en mouvement. A chaque fois, dans les montées qui vont suivre, j'arrive à revenir sur les coureurs qui m'ont dépassé suite à ces arrêts forcés. Mais parfois après une bonne demi-heure de chasse. Mais cela m'a aussi obligé de finir les descentes plus lentement, afin de ne pas re-provoquer des crampes.

Une fontaine, providentielle, m'a sûrement sauvé lors de la grande descente de la journée, après les 2 premiers épisodes de crampes. J'ai pu boire en ajoutant du sel dans ma gourde.

Le classement du samedi a fait l'objet de nombreuses réclamations, plusieurs coureurs n'étant pas sur les 2 premières listes affichées.

Les catégories ont aussi changé au fil des heures, d'abord il y avait les catégories par tranche d'âge habituelle, puis tous les masters ont été classés dans la même catégorie. Ainsi, j'ai passé de la 5ème place à la 10ème, comme le dimanche de la première place Master 2 à la 5ème en Master général, de 40 à 77 ans.
Très bizarre et assez le foutoir au moment des résultats.
Très beau parcours avec de splendides vues aux alentours, mais une organisation très légère au niveau des classements et de la proclamation des résultats avec un speaker qui s'emmêle les pinceaux sans arrêt. Dommage...ça laisse un arrière-goût qui n'incite pas forcément à revenir.
Le site de l'organisateur, (classements 2018 pas encore actifs) :https://www.meribel-sport-montagne.com/meribel-trail/#resultats

Le site du chronométreur:http://www.sportips.fr/resultats/2018MERIB45KMINTER.pdf

News postée le : 14.08.2018

Glacier 3000, Gstaad-Glacier des Diablerets, 26.2 km, 2000 m de dénivelé

Le samedi 4 août 18, nous prenons part à cette course qui finit à 3000 m d'altitude. Là-haut, le spectacle est grandiose.
Nous n'avions pas trop les jambes pour courir les 9 km de plat avant les 5 derniers km vallonnés qui nous menaient au pied de la véritable épreuve du jour, les presque 2000 m qui nous restaient alors. N'ayant que très peu couru durant nos vacances mais ayant accumulé environ 45'000 m de dénivelé, nous étions un peu "lourd" dans notre style de course et dans nos sensations. Heureusement, la montée était assez longue pour remonter pas mal au classement.
J'attrape quelques crampes dans les mollets dans les quelques minis-replats qui jalonnent le parcours dans son dernier tiers. Je ne dois pas m'arrêter, mais je ne peux pas avancer comme je le désirerais. Je perds à chaque fois une trentaine de secondes sur des gars que j'ai dépassé et qui me reviennent dessus, voir qui me dépassent et que je re-dépasse, sitôt que la pente est de nouveau présente. Nous payons nos vacances de randonnée sur le plat mais nous montons à l'aise grâce à ces mêmes vacances faites de dénivelé. L'idéal aurait été de courir aussi. Mais je prépare le Swiss Peak et à mes yeux, c'est l'endurance qui est à privilégier avec le dénivelé pour préparer au mieux le corps et le cardio à l'altitude et au dénivelé important, autant en montée qu'en descente afin d'éviter les courbatures qui ne manquent pas de se manifester si le fait de descendre n'a pas été entraîné. Donc, pour le Glacier 3000, c'était davantage l'histoire de voir à quoi ressemblait cette course et surtout, c'était l'occasion de passer un sympathique week-end avec des amis.

A l'arrivée, cela me fait comme des contractures sur le haut des mollets. Je monte en force, tirant de grands pas mais je pense que la raison est la chaleur et la grosse sudation qui en résulte. Auparavant, dans ma vie, c'est vraiment rare que j'aie eu des crampes en compétitions ou dans ma pratique sportive. Plutôt la nuit, après de gros efforts journaliers répétitifs. https://services.datasport.com/2018/lauf/glacier3000/rang009.htm
En 3h25.21 je me classe 12ème de ma catégorie, 65ème homme au scratch
Julia finit en 3h28.52, 3ème de sa catégorie, 10ème femme au scratch

News postée le : 14.08.2018

Redbull K3 de Susa, triple km vertical

Le samedi 28 juillet, à Susa, nous avons découvert ce K3 qui rassemble les meilleurs spécialistes de ce genre d'exercice.
Des barrières horaires sont à passer pour aller plus haut, après 1200 m de dénivelé et après 2100 m environ. L'arrivée est au sommet du Rocciamelone ou Roc Melon, à 3538 m d'altitude, sur la frontière italo-française.

Un parcours de 1.8 km théoriquement neutralisé fait office de décantation du peloton. En fait, ce n'est pas vraiment neutralisé car une fois que le premier coureur arrive au pied de la montée, le chrono est déclenché pour tout le monde. Comme je pensais que c'était neutralisé, je ne me suis pas autrement stressé sur ce premier bout mais j'arrive environ 3 minutes après et ces 3 minutes, elles me seront comptées dans mon temps final. J'étais un peu déçu de ce procédé mais c'est vrai qu'il faut trouver une solution pour espacer le peloton fort de 400 coureurs qui bouchonne sur les premiers hectomètres de la course, car le sentier est étroit. Donc, cela bouscule et ça joue un peu des coudes pour dépasser par les bordures, dans les hautes herbes et les cailloux qui jonchent les bords. Une grande débauche d'énergie à faire des intervalles pour dépasser. Je remonte sans arrêt, jusqu'aux tout derniers mètres de la course. Je fais un excellent deuxième tronçon là où la pente est la plus raide et où on monte droit dans le pentu. 500 à 600 m droit dans haut, quasiment tout droit dans la pente vraiment raide. Hormis un petit bout de 400 m environ presque plat, ça monte tout le long. Le haut est dans la caillasse, les loses et on recule un peu parfois sur ce seul meuble. Tout en haut, le sentier est taillé dans la roche. A noter que les femmes partent une demi-heure avant les hommes. Elles ne connaissent pas le problème des bouchons sur le sentier.
Je passe sans trop de problème les barrières horaires. Je finis 98ème sur les 400 partants en 3h04.33 mais seulement 183 seront classés. Les autres ont été recalés en cours de route. Si des catégories d'âge existaient, je serais 8ème de ma catégorie 50-59 ans. Etant en dernière année de ma catégorie, j'étais assez content que le plus vieux devant moi était 4 ans plus jeune.
Julia termine 31ème femme en 3h17.25 et seulement 47 femmes seront classées sur les 80 au départ.
https://www.endu.net/en/events/red-bull-k3-susa-mompantero-rocciamelone/results
Martin Anthamatten et Victoria Kreuzer sont les gagnants du jour. Victoria manque de très peu le record. Martin Anthamatten est le recordman de l'épreuve, mais il est à 8 minutes de son record. La chaleur sans doute nous a gratifié de quelques minutes supplémentaires. Arrivés au sommet, quand on se retourne et qu'on regarde d'où l'on vient, on se rend compte d'être haut. Le sommet, assez pointu donne aussi une impression de vertige. Course intéressante qui regroupe l'élite des KV. A refaire, pourquoi pas?

News postée le : 14.08.2018

Reconnaissance du Swiss Peaks durant les vacances

2 jours après le Gran Trail Courmayeur, nous avons entamé la reconnaissance du Swiss Peaks d'Oberwald au Bouveret.
Parcours de 360 km et 26 ou 27'000 m de dénivelé, selon les prospectus qu'on peut lire.
Nous partons de Gluringen-Reckingen, car ayant réservé des chambres pour dormir, nous ne pouvons pas faire notre première étape qui était prévue le dimanche après-midi, en rentrant de Courmayeur. Comme nous sommes restés pour les résultats, étant les 2 classés dans les 3 premiers, nous sommes arrivés trop tard. Nous ferons le segment Oberwald-Reckingen en dernier.
Ainsi, nous avons fait des étapes avoisinant les 40 km, hormis la première qui nous fait 50 km et 3800 m de dénivelé. Nous nous trompons en effet plusieurs fois et montons même au Blausee avant le Safflischpass, alors que la nuit n'est plus très loin. Nous finissons à la frontale et arrivons à 22h50 à Fleschboden, au resto-dortoir de notre étape. Le tenancier, très sympa et compréhensif nous fait encore à manger et en plus, c'est son jour de repos, normalement. J'avais bien téléphoné depuis Binn qu'on arriverait un peu tard, vers 20h30, mais je ne savais pas qu'on se tromperait 2 fois de parcours sur ce dernier tronçon. Un peu à la bourre, nous n'avons pas assez consulté la carte et pensant couper avec un sentier ascendant, nous sommes partis une première fois à l'erreur. 30 à 40 minutes de perdu. Plus haut, nous dévions sans trop nous en rendre compte de la trajectoire et nous perdons bien 1h30 à 1h40 dans l'aventure, avec un aller-retour qui engendre de nombreux passages sur des névés bien pentus, difficiles à négocier en raison de la pente. 
Le lendemain, nous ressentons vraiment la fatigue du Gran Trail de Courmayeur et de notre première étape rallongée.
Nous n'avons pas trop la forme et rebelote, nous passons un col à plus de 2800 m alors qu'on aurait pas dû dépasser les 2400 m. Nous dormons à Gspon, dans une petite auberge aussi très conviviale avec des tenanciers très compréhensifs pour un déjeuner assez matinal vers 6h30 et un départ à 7h du matin. Nous voulons ainsi éviter d'arriver trop tard le soir.
Nos sacs varient entre 6 et 10 kg, suivant qu'ils sont pleins de boissons et de pique-nique et de réserve alimentaire ou non. Donc, mis à part les descentes et quelques parties planes, nous ne courons pas. Nous marchons et prenons aussi le temps de faire quelques arrêts d'observation ou pour prendre des photos de fleurs, de serpent (une couleuvre Coronelle lisse le 3ème jour) de bouquetins, chamois, marmottes, chevreuils, aigles, ou pour les cimes et vallées et villages environnants. Si nous passons dans un village, nous profitons de nos vacances pour nous offrir un petit luxe, sous forme de glace, joghurt, fruits, pâtisserie, limonade, bière ou l'envie du moment. C'est les vacances... ne l'oublions pas!
Nous trouvons un secteur encombré d'arbres renversés entre Eisten et Hannigalp. J'en ferai part à l'organisateur par e-mail, qui me dit être au courant et qui dit que ce secteur devrait être praticable, la commune d'Eisten voulant faire le nécessaire. Je l'espère car nous mettons environ une heure à passer dessous, dessus des branches, des troncs emmêlés, pour une longueur d'environ 1 km.
Nous attaquons le long col d'Augsbordpass en pleine chaleur au début de l'après-midi. C'est l'un qui présente le plus de dénivelé d'un coup. Au début, en dessus de St-Niklaus, il fait vraiment chaud. Heureusement, une fontaine coule au petit village de Jungu après la première partie de la montée. Nous redescendons rapidement, à la course, le versant qui nous mène à Meiden, lieu de notre fin d'étape journalière. Le lendemain, nous faisons le col Forclettaz en grande forme, trottinons jusqu'à Zinal, faisons une pause pique-nique en profitant du magasin d'alimentation et attaquons la Corne de Sorebois en mode accéléré pour gravir les derniers 500 m de dénivelé. La descente sur Moiry est facile et le col du Torrent assez facile aussi. Dans la descente, longue car avec de longues bananes pas très raides, nous nous mettons à courir afin d'arriver à Evolène avant la fermeture des magasins. Nous faisons une escale sympa à la Pension d'Evolène. Nous avons un petit-déjeuner préparé pour notre départ matinal.
La montée du col de la Meina est assez long et la descente pas des plus aisées. Le sentier est étroit et l'herbe cache en partie le sentier. Nous nous faisons piquer, Julia et moi par une guêpe en fin de descente. La montée au Col de Pra-Fleuri est aussi assez longue et l'environnement change, cela devient très minéral, les fleurs ne sont pas très présentes dans ce secteur très gris, très en cailloux et en rochers. Le sommet de la traversée est atteint avec 2987 mètres selon les cartes de swiss topo. Le grand Désert avant le Col de Louvie est encore bien taché de blancs avec de nombreux névés. De l'autre côté du Col de Louvie, dans les rochers que le sentier traverse, nous observons une bonne cinquantaine de bouquetins, en 3-4 groupes. Nous passons la nuit à la cabane de Louvie.
A la cabane, nous faisons la connaissance de 2 coureurs de la région prêt à redescendre à Fionnay. Un nous offre une tournée de Génépi. Quand je propose de payer la mienne, le deuxième dit qu'il préfèrerait une absinthe mais ici il n'y en a pas à vendre. C'est alors que j'y dit: Une absinthe? Si je claque des doigts et t'en offre une, t'es étonné hein? Tu veux vraiment une absinthe?. Je m'éloigne de quelques pas à ma table, où reposent les photocopies de cartes topographiques du lendemain, et au-dessous, 2 petites bouteilles d'absinthe, reçues lors du Swiss Canyon Trail. Cela fait presque une absinthe normale pour les 2 coureurs du lieu, et juste de quoi tremper les lèvres pour faire santé avec eux, pour Julia et moi. On a bien rigolé, mais moi, j'étais content de ne pas ressortir sous la pluie... pour slalomer à suivre le sentier, un Valaisan est de toute manière blindé, quoi qu'il boive...!
Le lendemain, déjà notre 6ème jour, le but est d'aller à Champex. La montée sur la cabane Brunet me plaît bien car c'est assez humide et j'y trouve quelques chanterelles. Je me contente de les humer et de les regarder et zieuter alentour pour voir si par hasard, une colonie m'attend... pour être ramassée. On ne sait jamais, une omelette aux girolles est tellement bonne! La petite pluie du matin n'arrête pas le pélerin et c'est elle qui profite de s'arrêter dès la cabane Brunet. De là, le sentier est assez vallonné jusqu'à la cabane de Mille. Nous sommes sur le parcours de la haute route qui relie Zermatt depuis Chamonix et on croise quelques groupes.  Quelques minutes après notre arrivée à la cabane de Mille, arrivent Julia Böttger et son ami. Nous avons déjà partagé quelques courses ensemble et c'est bon de se retrouver là par hasard et de partager un moment ensemble en nous ravitaillant presque tous avec un plat différent. Nous rallongeons exceptionnellement notre pause et repartons dans un sens opposé. Julia Böttger et son ami venaient de Champex, nous y allons. Peu après le Six-Blanc, au haut du télésiège en provenance de Bruson, je me loupe dans la lecture de carte et partons du mauvais côté, direction Bruson. On va descendre un sacré bout et finalement je vais m'en rendre compte. Donc, on remonte un bout, puis je propose de suivre un sentier qui tourne autour de la montagne et qui devrait rejoindre le bon côté. Le sentier est beau puis s'amenuise et disparaît presque sous la végétation et finalement, ouf, rejoint un beau et large sentier qui nous ramène presque à bon port. Nous descendons sur Chamoille inférieure, avec un sentier presque parallèle à celui qu'on aurait dû suivre et qui arrive à Chamoille supérieure. A la Douay, le point le plus bas du SwissPeaks à 799 m, nous faisons une halte pour une glace au bistrot avant de remonter en direction de Champex. Nous y arrivons et là aussi, le soir à la pizzeria du coin, nous rencontrons des amis de notre région. Une des meilleures pizzas de l'année.! Nous logeons à la Boulangerie Gentiana, dont le patron, Léon Lovey a été l'initiateur de la PTL, la Petite Trotte à Léon de 320 km environ, organisée dans le cadre de l'UTMB. l'ultra Tour du Mt-Blanc. Sa femme, Claudine, nous accueille très chaleureusement et on ne peut que recommander aux sportifs d'adopter cette halte pour dormir en cas de séjour ou de stages d'entraînement dans les parages. Le déjeuner nous retape et nous remplit bien avec évidemment de délicieux produits frais issus de leur production boulangère. 
La 7ème journée jusqu'à l'Auberge du Lac de Salanfe comporte pas mal de dénivelé. Tout d'abord sur Bovine, puis une descente sur des échelles métalliques et en bois et parmi de nombreuses racines apparentes jusqu'au fond de la vallée du Trient et sa rivière homonyme, avant une remontée raide mais assez courte sur Finhaut. Là, nous montons à Emosson, puis empruntons le tunnel qui longe le lac pour aller passer le Col de Barberine, (ce tronçon sera supprimé et changé par un direct Finhaut-Alpage d'Emaney où on retrouve le tracé qui monte au Col d'Emaney, lors du SwissPeaks). Au 3/4 de la montée, une ombre assez grosse me passe par dessus. Levant la tête, j'aperçois un aigle qui vole assez bas et quelques mètres plus loin, un marmotton s'esquive dans un trou au contour du sentier. J'ai sauvé la vie de la petite marmotte et probablement fait louper le repas du rapace, magnifique. L'aigle va s'éloigner et rejoindre 2 autres de ces congénères qui tournoient à un kilomètre environ. Il reviendra lorsque nous serons déjà presque au Col et c'est un véritable plaisir que de l'observer parfois d'assez prêt. La descente de Barberine se fait pour moi en mode accéléré, sur le derrière qui glisse sur la neige assez dure d'un névé. Mais étant en short et socquettes, je me glace les mollets et les mains avec la neige qui giclent depuis les talons et qui avec les mains, essaient de freiner et de me diriger un peu pour éviter quelques blocs de pierres. Julia descend dans la caillasse et je finis par la rejoindre, stoppant ma descente qui fait du zèle pour me rafraîchir. La montée du Col d'Emaney est quasiment dépourvue de neige mais le sentier est en piteux état. Il est à moitié arraché par l'érosion dû à la pression de la neige abondante de l'hiver dernier. Elle, qui tire la montagne en bas, où la pression peut mettre tout son appui. La descente du Col d'Emaney nous oblige à accélérer de plus en plus pour si possible arriver à l'heure du souper fixé à 19h dans les cabanes. Partout dans ces cabanes, nous faisons la connaissance d'autres randonneurs et les échanges sont bien sympathiques et agrémentent bien la soirée.
La nuit se passe en dortoir, nous sommes prêts de la fenêtre et profitons de l'air frais. Après un déjeuner assez matinal, nous abordons la montée du Col de Susanfe avant de redescendre à la cabane du même nom. Des névés sont toujours au rendez-vous à mi-juillet. Nous en aurons eu jusque là chaque jour. Le Pas d'Encel, assez technique freine tout de suite les rythmes trop rapides. Le vide situé sur la droite, la pente assez importante avec de grosses marches très irrégulières dans les rochers mis-à-nus et la nature humide et glissante du sol incite quiconque à la prudence. Une chaîne aide parfois pour descendre. Ce ne sera pas mon passage préféré, ça c'est sûr. En compétition, je perds souvent du temps dans de tels passages sur les autres coureurs. Ma photocopie de carte m'indique d'aller par Bonavaux, où nous prenons une part de gâteau aux abricots pour notre collation du matin. En fait, nous aurions dû bifurquer sur la droite et passer sous les Dents du Midi et arriver à Champéry par en dessous alors qu'on arrive par le côté, depuis le lieu-dit du Grand-Paradis. Nous refaisons quelques emplettes pour manger et s'asseoir quelques minutes sur un banc public. Nous repartons à l'assaut de la montée qui doit nous mener à Planachaux, Chaux-Pâlins, Le Col d'hiver des Mossettes puis Morgins. En fait on va encore se tromper et arriver aux Crosets où de là, nous montons à Chaux-Pâlin et on va se faire un petit extra en montant d'abord au sommet des Mossettes avant de reprendre le parcours pour Morgins. Le soir, c'est à nouveau pizza, de nouveau excellente, avec un ami de longue date et sa femme dont nous faisons sa connaissance. Je faisais les courses CIMES en junior en sa compagnie, nous étions allés ensemble en Autriche (j'avais gagné en junior à Brixxlegg en 1978, ça nous rajeunit pas) En redescendant de Bonavau, c'est là qu'on s'est dit qu'on pourrait se retrouver le soir pour partager un repas et batoiller ensemble...La soirée fut excellente et ça a été l'occasion de se remémorer d'excellents souvenirs et de nous remettre un peu à jour dans nos histoires personnelles et notre parcours de vie.
Le 9ème jour est destiné à finir et d'arriver au Bouveret. Nous ferons quelques variantes en début de parcours, car les photocopies que j'avais faite étaient des agrandissements du parcours tracé sur une carte au 100'000 sur le site du SwissPeaks et que j'avais agrandi, agrandi et fais des captures d'écran. Très mauvaise idée, j'avais pas vu qu'on pouvait en juillet déjà, imprimer un fichier tout destiné pour cela, au 25'000 sauf erreur. Bref, nous allons à nouveau faire des détours et rechercher quelques fois le parcours, qui a peut-être aussi un peu changé depuis l'an passé? En tout cas, il me semble qu'en des endroits, cela a dû être le cas. Il y a quelques passages assez techniques et quelques bonnes pentes bien raides autant en descentes qu'en montées. Avant de redescendre sur Torgon, nous avons suivi un bout l'arête alors que le sentier est un peu plus bas, et même sur France pour quelques tronçons. Sur la crête, on a l'avantage d'avoir la vue sur le Chablais et le bout du Lac, où on doit arriver. A Torgon, nous en profitons pour manger une glace, n'oublions pas que ce sont les vacances...La dernière descente depuis  Taney et son magnifique petit lac est assez longue, sur un chemin caillouteux pas assez pentu pour être plus rapide... et je m'encouble et m'étale de tout mon long, en raison d'une bête inattention à lever la tête pour observer un fût de sapin... (encoubler = trébucher, à l'intention des Français qui ne connaissent pas forcément ce terme, je l'ai souvent remarqué).
Un bon repas clôture cette arrivée et nous logeons au Phare, un B&B, bar -restaurant, juste situé à côté de la gare.
En fait, le lendemain, nous allons en train à Gluringen (Reckingen) où notre voiture nous attend dans le pré de l'hôtel Walliser Sonne, où nous avons passé notre première nuit en venant de Courmayeur avant d'attaquer cette traversée. L'idée était de faire Oberwald-Reckingen (Gluringen) le dimanche après-midi. Comme nous étions arrivés trop tard, nous ne l'avions pas fait. Donc, il va être au programme du jour. Nous allons en vitesse chercher notre voiture, allons au camping de Reckingen et reprenons le train pour Oberwald. Nous commençons notre dernier tronçon du SwissPeaks, le départ de celui-ci à 15h. Sans jus pour ma part depuis le haut de la première ascension, je ne vais pas arrêter de grignoter dans l'espoir de trouver de l'énergie. Les fleurs nombreuses bordant le sentier et les sommets qui font frontière au Nord de la Vallée avec le canton de Berne nous occupent aussi pas mal. Cela m'aide à supporter ma faim que je n'arrive pas vraiment à satisfaire avec les quelques biscuits emportés. Nous allons mettre 6 bonnes heure et finir presque de nuit. Mon estomac sera enfin câlé avec une fondue cuite au camping avec trois différents fromage de la région. Il sera presque 23h30 quand on pourra enfin rejoindre notre sac de couchage. Ainsi nous aurons fait 9.5 jours pour venir à bout de ce SwissPeaks en mode rando durant les vacances.
Voici donc nos lieux d'étapes comme c'était prévu:                                                                                     Km Temps Déniv 
1. Oberwald-Reckingen/Gluringen, hôtel Walliser Sonne, 99.- la chambre pdéj y.c. 027 973 41 00            27    6h10   1435
2. Reckingen-Fleschboden Pension, 60.-- 1/2 pension 079 585 26 87 (50 km détour)             normal:      44   14h44  3820
3. Fleschbode-Gspon, Pension Mosji 69.-- 1/2 pension, 027 952 22 34, (détour Mäderlicke 2846 m)        44   14h20  2680
4. Gspon-Meiden, hôtel Schwarzhorn 90.-- 1/2 pension,  027 932 14 14, via Hanigalp,Augstbordpass      38   12h55  3125
5. Meiden-Pension d'Evolène, env. 60.- 1/2 pension, 079 771 80 87, via Forcletta, Sorebois, Col Torrent 38   11h25  2900
6. Evolène-Cab.Louvie, 70.- 1/2 pens. 027 778 17 40, via Cols: Meina, Prafleuri, Gr.Désert, Louvie          34  11h28  3090
7. Cab. Louvie-Champex, Boulang. Gentiana, nuit&pdéj, 50.- p/p, 079 771 80 87, avec détour                41.5 11h50  2440
8. Champex- Aub.Salanfe 64.- 1/2 pension,027 761 14 38, par Emosson, Col Barberine(détour)              41  11h59  2900
9. Lac Salanfe-Morgins, Chalet Suisse Morgins, 100.- la chambre av. p.déj, 024 477 39 67                       39  11h03  1820
10. Morgins-Le Bouveret, avec détour... BnB Le Phare, 110.- la ch.avec pdéj. 024 481 11 30                    40  12h59  2285
                                                                                                                      soit un total de  km 386.5 en 130h13 et 26495 m de dénivelé, avec nos écarts volontaires ou involontaires par rapport au tracé initial, soit nos petites libertés de parcours....
Ecrit en 2 parties, avant et après le SwissPeaks où j'ai abandonné après 123 km à Grächen. J'ai ensuite pris le départ de du SwissPeaks 90 km, 1er de cat. master 2 et 12 du scratch. Voir rapport de courses 2018.

Ecrit en 2 parties, avant et après le SwissPeaks où j'ai abandonné après 123 km à Grächen. J'ai ensuite pris le départ de du SwissPeaks 90 km, 1er de cat. master 2 et 12 du scratch. Voir rapport de courses 2018.
Si je mentionne les noms des pensions, auberges, hôtels où nous avons dormi, c’est juste pour faciliter la tâche de ceux qui voudraient tenter pareille traversée en vacances. Nous avons été très bien accueilli partout, ce sont d’excellents rapport qualité/prix, donc je ne peux que recommander ces lieux d’étapes, au demeurant très tranquilles pour la plupart, car situés en montagne ou à l’écart des routes, hormis à Champex et Morgins, mais nous n’avons été en rien dérangé par quelconque bruit. Nous avons partout bien apprécié la douche et de pouvoir bien remplir notre estomac. Pour trouver certaines pensions, il m’a fallu faire quelques téléphones car elles ne se trouvaient pas forcément sur les sites prévus pour cela, comme à Gspon, mais avec ces 4 chambres, quasiment toujours réservées en période touristique, ils n’en ont pas besoin semble-t-il.
Donc à vos baskets, mais attention, ce sont de grosses étapes pour ne les faire qu’en marchant. Nous avons parfois couru en descente pour ne pas arriver trop tard et nous montons fort en général. Après, on est moins stressé de bons moments, profitant de regarder les alentours, les petites fleurs, les champignons, les animaux, de boire un verre quelque part ou de discuter avec d’autres randonneurs ou gens des régions traversées.

News postée le : 14.08.2018

Gran Trail de Courmayeur, 105 km, 7000 m de déniv.

Samedi 14 juillet, pour notre premier jour de vacances, nous avons couru ce trail où la chaleur était étouffante en début de course, jusqu'au km 40 environ. Ensuite cela s'est couvert et arrivé sur les crêtes à 2600 m d'altitude, un vent violent accompagné de rafales de pluies glaciales nous a fait chuter la température et nous congeler par la même occasion.
Nous courons Julia et moi parfois ensemble, surtout les parties descendantes où elle me rattrapent par 2 fois. Ayant une petite fringale autour du 65ème km, je la laisse filer mais la garde en point de mire jusqu'au haut de la descente avant Courmayeur. Je prends quelques risques dans la descente pour revenir sur les quelques coureurs qui m'ont doublé en étant un peu moins bien. A Courmayeur, je les retrouve au ravitaillement alors que j'arrive, eux partent. Je rattrape Julia et 2 autres coureurs en montant à Bertone. Là je déballe tout ce que j'ai dans l'estomac. Je repars avec un peu de jambon dans la bouche, ne supportant plus le sucré. Un orage éclate à nouveau alors que la nuit tombe et nous enveloppe bien serré. Il fait nuit noire. Au replat de Malatra, au ravitaillement, j'arrive devant le petit groupe formé de Julia et 2 autres coureurs. J'en profite pour m'envelopper avec l'aide d'un bénévole dans ma couverture de survie, car je tremble de froid. J'essaie de faire vite... mais repars en dernière position du groupe, calant un carré de chocolat dans la bouche. Je rattrape Julia et lui dit que je me sens à nouveau mal. A peine plus tard, je re-déballe le peu que j'ai remis dans l'estomac. Je suis à 4 pattes sur le sentier et les spasmes ne me font pas du bien. Un coureur me rattrapant me demande comment ça va.... eh ben, ça va aller... j'espère. Je repars et rattrape à nouveau Julia. Nous restons ensemble pour une bonne heure, pour monter le col Sapin et entamer la descente qui ne ressemble en rien au profil du programme de la course, puisque ça n'arrête pas de monter et redescendre alors que sur le profil ça ne fait que descendre. Nous rattrapons le coureur qui était avec nous jusqu'au replat de Malatra. Dans la nuit, Julia voit ou croit voir des lumières pas trop loin derrière nous. Elle me dit que c'est peut-être une femme, moi je pense que c'est aussi peut-être un Master 2... donc ne voulant pas être rattrapés, nous augmentons notre rythme dans la descente cette fois terminale. Mais il reste bien encore une demi-heure. Les racines et les cailloux jonchent le sentier, pas des plus facile de nuit. Je vais un peu plus vite que Julia qui n'arrive pas à suivre et j'arrive un peu avant elle à l'arrivée. Nous n'aurons pas été rattrapés. J'ai eu la chance de pouvoir repartir à chaque fois d'un bon pied après mes épisodes de vomissement. Seul le coca un peu salé m'a permis d'engendrer des calories. C'est un gel qui a tout déclenché et ensuite le sucré ne passait plus. Avec la chaleur, l'estomac a bien de la peine à supporter les grands apports d'aliments sucrés. Mais il ne faut pas se décourager ni trop s'apitoyer sur son sort. Il faut essayer de repartir et de remettre la compresse. Cette fois ça a bien fonctionné.
Julia gagne le scratch féminin en 18h51.12, 23ème du scratch
Je finis 2ème Master2 ou V2 en 18h50.23, 22ème du scratch. Bien contents tous les 2.
https://www.100x100trail.com/rankings/

News postée le : 14.08.2018

8 juillet 2018, K2 de Villaroger (Tarentaise)

Un K2 qu'est-ce que c'est? Un K1 à double. (Un K1, c'est 1000 m de dénivelé pour un maximum de 5 km) Un K2 c'est donc 2000 m de dénivelé pour une distance inférieure à 10 km, voilà les critères qu'il faut remplir pour s'appeler K2. Celui de Villaroger fait 7.6 km de long pour 2000 m de dénivelé. Le départ est situé dans le haut du village de Villaroger et l'arrivée au sommet de l'Aiguille rouge à 3227 m d'altitude précisément.
Cette année, environ 200 m après la mi-parcours, le premier névé était déjà là. Si on a pu courir sur le côté pour peut-être 200 m de long, ensuite on n'a quasiment plus quitté la neige ou la glace du glacier Varet.
Des pentes sont parfois très très raides, d'abord ce sont des prairies qui l'hiver sont des pistes noires ou rouges, puis la caillasse, cette année encore complètement sous la neige. Mais la neige n'était pas partout facile à courir ou marcher. Beaucoup d'inégalités de terrain et des parties très raides où les bras aidaient bien à se tirer pour parer le retour en arrière des pieds.
Il faisait très chaud à 9h30 à l'heure du départ et il semblait qu'il n'y avait pas d'air. Cela m'a fait prendre un départ où je n'avais pas de bonnes sensations. Il m'a fallu à peu près 350 m de dénivelé pour me sentir à l'aise et commencer à remonter le peloton. Je rattrapais alors sans arrêt. J'avais alors de bonnes sensations et le fait que personne ne pouvait me suivre me donnait aussi un tout bon mentail. J'estime que je devais me trouver autour de la 85-100ème place après 15 minutes de course. A mi-parcours, je passe en 49ème position selon le temps de passage. Avec le 19ème temps pour les 2ème mille mètres, je fais une super remontée.

A l'arrivée, je suis 2ème V2, 27è homme,28ème du scratch et j'ai perdu 2 places au sprint (pour le scratch), 2 gars que je dépassais à 50 m de la ligne, à la fin d'un mur, avant d'attaquer le final peu pentu. Je ne pensais pas être rattrapé et j'ai peut-être sous-estimé que leur retour était possible. Ils me dépassent à 10 m du tapis, à fond. Totalement surpris, ça m'a scié et j'ai fini quelques pas en marchant. Mais il faut dire que je sentais que j'avais vraiment tout donné. Depuis les 1500 m de dénivelé, je sentais que mon mollet droit avait tendance à ne plus répondre normalement, comme l'épaule gauche. Les crampes n'étaient pas loin. J'ai dû relâcher un tout petit peu au niveau des bras pour les soulager, sur une centaine de mêtre, à 10 minutes de la fin.
Finalement, ce départ assez mauvais m'a empêché de m'asphyxier et j'ai ensuite tenu un bon rythme jusqu'en haut. Sur les 2ème mille mètres, je fais le 19ème temps et je passe en 2ème position de ma catégorie à 150 m de dénivelé de l'arrivée. Je rattrape le 2ème V2 de l'an passé, alors que j'étais 6ème en 2017. Cette année, tous les temps sont de 6 à 10 minutes plus lent pour beaucoup de coureurs. La chaleur je pense et le manque d'air du départ et la neige bien plus abondante.
Julia a fait sa course, elle finit 2ème de sa catégorie, 7ème femme du scratch, 78ème au général H/F.
Nous sommes redescendus en courant alors que le téléphérique est à disposition pour redescendre plus de 1000 m de dénivelé. Mais le temps était trop beau et il faut aussi s'entraîner à descendre...
La semaine prochaine, ce sera plus de 7000 m de dénivelé autant en montée qu'en descente avec le Gran Trail Courmayeur de 105 km. Le K2 nous préparait aussi pour le K3 de Susa à fin juillet, qui part à 500 m et qui arrive à 3530 m d'altitude au Rocciamelone. A bientôt

http://www.l-chrono.com/resultats2018/tps_k2.pdf

News postée le : 09.07.2018

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