Course à pied des 24 heures de Brugg des 25 et 26 septembre 2010

Afin de reconnaître le parcours et l’environnement des 24 h de Brugg, en prévision des Championnats du monde de 24h qui auront lieu en juin 2011, Julia et moi avons participé aux 12 h pour elle et aux 24 h pour moi.

Le parcours se trouve sur l’île de l’Aar, sur un site militaire. Il se trouve en pleine nature et le long de hangars. Un seul angle droit, sinon, il est tout en arrondi pour les autres changements de direction. Un beau parcours, route asphaltée en bon état, large. C’est donc un bel endroit qui devrait faire tomber quelques records l’an prochain. On se sent au vert, loin du bruit et de la pollution routière. C’est aussi agréable quand on tourne en circuit, en rond, durant 24 h.

La météo du week-end, avec la pluie qui nous accompagne dès le départ à midi, jusqu’en début de soirée et le froid qui va avec ne nous a pas gâté. Durant le début de la course, Fredi, l’organisateur, balayait les flaques d’eau et mettait du gravier devant le stand officiel du ravitaillement. D’autres avaient des palettes ou des plateaux de bois pour éviter que le terrain ne se transforme en boue, à cause de leur piétinement.

Les boissons froides, surtout la nuit quand la température descend m’ont détraqués l’estomac. De 2 h à 7 h du matin, chaque fois que j’avalais quelque chose, je pouvais courir…aux toilettes. Forte diarrhée.

Quand j’ai commencé à avoir les étours, j’ai pensé à prendre du sel. L’effet s’est fait rapidement ressentir, ma pression est remontée et je me suis senti mieux, avec davantage de force et j’ai pu reprendre un rythme plus élevé.

J’étais parti à un rythme de 11 km/h, en espérant dépasser 240 et pourquoi pas 250 km ? Hyper régulier jusqu’au 12h, je passais en 130 km. Seuls les arrêts toilettes après 4h et 10h m’ont empêché de faire le vrai multiple de 11 x 12, soit 132 km. Jusqu’au 15 h, je rajoutais encore 10 km par heure, malgré un arrêt chaque heure aux wc. Ensuite, toujours arrêt wc, mais je commençais à ressentir la faiblesse de me vider et ne courais plus qu’à 9 km/h, puis un 6 km/h durant 3h de temps, jusqu’au 21h. Je luttais pour ne pas marcher, car à la marche en étant fatigué, ça chute à 5 km/h et je ne voulais pas tomber si bas. Toute prise de nourriture ou boisson était directement éliminée.

Jusqu’à ce que je prenne du sel, car j’avais justement les étours. Et alors, j’ai pu réaccélérer, et finir à 9 km/h la dernière heure. Pour les 240 km, ce sont les 3h de temps à 6 à l’heure qui me font louper mon objectif. Mais là, je luttais davantage pour rester debout et en course.
Le passage de la nuit n’est jamais facile, mais avec une température si froide qui me gèle l’estomac quand je bois, je connais souvent des problèmes. Le thé bu en fin de nuit était agréable mais trop peu sucré, il ne m’apportait pas les calories nécessaires pour palier le manque de nourriture.

Lors des 3 dernières heures, je prends assez régulièrement du sel et j’arrive à nouveau avaler plusieurs gels. C’est quelque fois incompréhensible.

L’estomac est toujours le point faible lors d’épreuves de 24h. Pour faire des records ou être à son meilleur niveau, il faut que tout joue le jour de la course. On a très vite fait de perdre du temps. Je qualifie ma performance de bonne mais quand on espère 240 et plus, on est toujours un peu frustré, surtout quand l’entraînement a été au top, quand la forme est là, qu’on a pas de problème majeur avec les jambes, qu’on a un ravitailleur sur place.

A ce sujet, Lauriane m’a ravitaillé comme une pro, en prenant encore le temps de faire un petit film, des photos, d’aller commander de la purée de pommes-de-terre en cuisine, de venir à ma rencontre, de m’accompagner sur quelques mètres, voir de faire de temps en temps un tour avec moi. Durant les 4h 30 de temps qu’elle s’est reposée, j’ai eu le privilège d’être ravitaillé par 2 personnes aidant pour la course.
C’était des bénévoles qui aidaient et qui ont été d’accord de remplacer ma fille Lauriane. Vraiment très sympa de faire cela !!!

Julia courait les 12 h, et comme nous sommes venus tous en train, elle a dû patienter à bavarder avec des accompagnateurs, nous encourager de temps à autre. Après aussi une pause dans un tea-room de la ville pour une pâtisserie et un café, elle s’est un peu reposée, elle avait un matelas avec elle avec son sac de couchage. A minuit, elle pouvait s’élancer sur le parcours. Gabrielle Werthmüller, partie sur un rythme de 11 km/h faiblissait lors des 6 dernières heures et se faisait rattraper par Julia, régulière comme une horloge. Seule l’entrevue de la victoire lors de la dernière heure la faisait vraiment forcer et elle gagnait le général devant les hommes avec 122,542 km.

Question ravitaillement, j’ai mangé assez tôt des barres énergétiques, une moitié à la fois, avec de la purée de pommes-de-terre intercalée. 3 wienerlis, après 4h, 10h et 15h. Cela passe bien, c’est un peu salé, pas de problème de digestion. Un gel au début n’a pas bien passé, alors qu’à la fin, j’en prends 5 sur les 3 dernières heures, et je n’ai plus de problème. A n’y rien comprendre, parfois. J’ai aussi mangé 2 fois 2 carrés de chocolat, quelques biscuits salés et 2 bricelets Kambly. J’ai bu principalement du sirop de menthe, un peu de coca et un peu de thé.

Le ravitaillement offert était bien fourni, même pour ceux qui se nourrissent en gels. Dorothéa, l’amie de Fredi Bichler, a cuit des pâtes, de la purée de pdt. Biscuits, fruits, chocolats et pleins d’autres choses étaient offertes, tout comme du red-bull, du thé, de l’eau etc…Celui qui vient sans rien à de quoi trouver du ravitaillement pour tenir le coup.

Bien des coureurs ont abandonné dans les premières heures ou dans la première moitié. La pluie durcit les muscles et plusieurs ont eu des problèmes. Il y avait plusieurs coureurs capables de faire au-delà de 220 km ou qui ont le potentiel mais ça n’a pas trop bien fonctionné pour eux. Certains venaient chercher une qualification pour les mondiaux de l’an prochain. Il leur reste Palerme à fin novembre, sur un stade d’athlétisme pour y parvenir. Monotone mais efficace. Julia courait 225 km il y a 2 ans là-bas, après une interruption de 6 ans pour les courses de 24h.

Pour ma part, je ne serai pas trop dépaysé en juin prochain, il devrait faire plus chaud…mais pas trop quand même j’espère. L’avantage est que les nuits sont courtes et c’est aussi meilleur pour les coureurs.

L’heure du départ Fredi chasse l’eau Julia après la course

Lauriane me ravitaille Notre stand Ciel sombre qui dégouline

Le début de la nuit Lauriane et moi Juste après l’arrivée

Habits chauds pour tenir le coup Juste après l’arrivée, on range déjà

Malgré le soleil revenu, je dois me réchauffer vers le grill Une vue d’ensemble du coin ravitaillement